Test du MacBook Pro 13″ M1 : le portable des jours sans fin


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La première publication de cet article date du 25 novembre 2020 (lire : Magie de Noël : ces articles du Club iGen passent en accès libre).

Qu’il est dommage que ces nouveaux MacBook Pro 13″ n’aient pas été habillés d’un nouveau design qui rende davantage justice aux formidables changements qui ont été opérés en interne. L’année 2020 aura été à nulle autre pareille et désastreuse dans de nombreux domaines, mais dans celui qui nous occupe, elle aura apporté une très bonne surprise, comme on va le voir dans ce test du MacBook Pro 13″ M1 en 8/256 Go.

On imagine la cogitation chez Apple lorsqu’il a fallu préparer l’argumentaire de lancement des nouveaux portables M1 : comment faire comprendre que ces machines sont vraiment mieux que les précédentes ? Et vraiment au sens de beaucoup mieux, tant on a l’habitude d’entendre la même rengaine de superlatifs à chaque keynote, à chaque nouvelle gamme.

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Les promesses sont effectivement tenues, ce ne sont pas des paroles en l’air. Grâce à une intervention chirurgicale sur leur carte-mère, ces portables sont devenus beaucoup plus véloces, leur autonomie n’a pas d’équivalent — nulle part ailleurs — et avec Rosetta 2 ils offrent un répit aux applications 100 % Intel.

Pas de nouveau design, c’est l’un des rares regrets (avec la présence de cette Touch Bar, avec laquelle je n’accroche toujours pas après deux ans). Non pas que ces lignes soient démodées — même si les bordures de l’écran jurent depuis un moment — mais on aurait eu le sentiment d’un accomplissement mené jusqu’au bout. On peut formuler l’hypothèse qu’Apple cherchait moins à rassurer les clients avec ces lignes éprouvées qu’à ne pas trop charger sa barque avec le risque de chavirer. Entre un nouveau processeur, un nouveau système d’exploitation, des applications à optimiser et des développeurs à convaincre, elle avait déjà les mains bien pleines.

Un pied dans le passé, un pied dans l’avenir

La gamme de MacBook Pro 13″ comprend maintenant deux modèles M1 au départ et deux Intel à la fin. Les deux M1 sont les moins chers, à 1 449 € et 1 679 €. La différence repose sur leur SSD, de 256 Go pour le premier et de 512 Go pour le second. Le premier tarif n’a pas changé mais le second a baissé de 70 € à caractéristiques de RAM et de stockage égales avec les précédentes configurations Intel. Sauf que la RAM sur les M1 est bien mieux gérée et que leurs SSD sont nettement plus rapides.

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Les deux modèles Intel survivants sont vendus 2 129 € et 2 359 € (c’est une génération 2020 que l’on trouve souvent en reconditionné avec des réductions de l’ordre de 17 %). Ces Mac Intel savent monter plus haut en RAM (jusqu’à 32 Go plutôt que 16) et en SSD (jusqu’à 4 To plutôt que 2). Ils ont aussi quatre ports Thunderbolt 3/USB 3 et peuvent gérer deux écrans externes.

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En face, les modèles M1 ne peuvent s’aligner sur toutes ces caractéristiques, mais c’était déjà le cas pour les modèles remplacés. Ceux-ci avaient déjà deux ports Thunderbolt et moins de latitude pour gonfler la RAM et la capacité SSD. Sur ces points rien ne change. Les M1 gagnent la compatibilité USB 4 et le Wi-Fi 6 mais perdent la capacité de recevoir deux écrans externes. On ne pourra en brancher qu’un seul, mais ça pourra aller jusqu’au Pro Display XDR 6K d’Apple. Une possibilité existe toutefois pour en brancher à nouveau deux (que nous n’avons pu tester) grâce à un boitier externe : lire MacBook M1 : jusqu’à cinq écrans externes avec un adaptateur DisplayLink.

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Si le processeur M1 est capable de merveilles, comme on le verra plus loin, c’est une première génération qui ne peut encore faire tout ce que les chipsets Intel savent accomplir pour la gestion des périphériques.

Autonomie : un jour sans fin

Avant sa capacité à courir vite, c’est son aptitude à courir longtemps qui frappe sur ce portable. Les chiffres annoncés par Apple avaient de quoi laisser gourmand… ou méfiant, voire les deux. Précédemment, d’une génération Intel à l’autre, les bonnes années on gagnait une heure (ou deux) d’autonomie, et les mauvaises on en perdait une. Mais le balancier ne faisait jamais de grands mouvements. Et voilà qu’Apple, comme une joueuse de casino sûre de sa bonne étoile, double la mise : 17h en navigation web, 20 h en lecture vidéo ! Le tout à capacité de batterie égale, la nouvelle n’offrant que 0,2 Wh de plus.

Bien sûr, les tests d’Apple privilégient des scénarios monotâches qui favorisent les bons scores, mais le fait est que l’autonomie de ces MacBook Pro est tout simplement formidable. Comme un tour de magie réalisé sans trucs.

Prenons l’exemple de séquences de travail chez MacG où l’on jongle avec une dizaine d’applications de rédaction et de communication, ces dernières sollicitant constamment le Wi-Fi (Twitter, web, mail, RSS, Messages, WhatsApp ou encore Mattermost un équivalent de Slack).

Lors du premier test, la machine a tenu rien de moins que 12h30 avec une luminosité de l’écran réglée à 50 %, ce qui est tout à fait confortable pour la lisibilité. Avec les trois précédentes générations de MacBook Pro 13″, le même genre de test donnait une moyenne d’environ 7h… Mieux encore, sur cette durée record j’ai aussi utilisé Spotify (qui n’est pas encore optimisé M1) un quart du temps et fait tourner en arrière-plan sur YouTube le dernier keynote Apple de 50 min.

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En résumé, j’ai pu travailler toute une journée et continuer la matinée du lendemain, sur une seule charge et sans laisser l’écran basculer en veille plus de quelques secondes de temps à autre.

Pour ne pas rester sur cette seule expérience, j’ai fait un autre test en travaillant avec les mêmes applications mais en ouvrant moins l’application de RSS, moins Mail, un peu moins aussi Tweetbot et toujours avec un écran à 50 % de luminosité qui n’est jamais passé en veille plus de quelques brefs instants. Cette fois le MacBook Pro a résisté 15h40, sur la fin j’ai lancé un YouTube de 20 min en 1080p en quasi plein écran pour enfin finir ce test ! Il s’est étalé de lundi midi à mercredi en milieu de matinée…

Autant dire qu’un utilisateur plus soucieux de son autonomie a peut-être encore une marge de manœuvre pour faire mieux. Il pourra utiliser ses applications avec plus de parcimonie en ne les gardant pas toutes ouvertes si ce n’est pas nécessaire.

C’est presque trop… si on voulait trouver à se plaindre ! Il y a fort à parier que sur l’espace de 24 ou 48h on trouvera une prise pour recharger son portable. Mais voilà, on sait qu’on peut compter sur sa machine sur une longue période de temps et sans multiplier les astuces et acrobaties pour préserver sa batterie.

Cerise sur le gâteau, je n’ai pas entendu une seule fois le ventilateur se manifester, un silence complet, alors que mon MacBook Pro 13″ de 2018 lancera de temps à autre ses deux ventilateurs, sans que la raison ne soit d’ailleurs toujours très claire, ou alors parce qu’il est stimulé par YouTube.

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Pour le test de lecture vidéo, j’ai utilisé Netflix dans Safari, en qualité HD avec la luminosité et le son à 50 %. Au vu du temps annoncé par Apple — 20 h — j’ai lancé The Irishman, un long-métrage dont les 3h 30 min se prêtent à ces tests de longue durée. Mon MacBook Pro s’est éteint au bout de 20h 10 min. Assez pour s’envoyer au moins deux saisons d’une quelconque série, un rêve de .

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Depuis plusieurs années nous utilisons aussi un logiciel de 3D, Valley Benchmark, que nous laissons tourner en boucle avec les réglages graphiques au maximum, tout comme la luminosité de l’écran. Cet utilitaire est maintenant ancien et il n’est en rien optimisé pour les Mac M1. Il emploie même les vieilles librairies 3D OpenGL aujourd’hui dépréciées dans macOS au profit de celles d’Apple avec Metal. L’utilitaire a fonctionné 2h 45 min sur ce Mac M1, là où les 13″ des années 2017 à 2020 tenaient entre 1h 20 et 2h 10 min au mieux.

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Si ce n’était pas déjà étonnant en soi, il faut rappeler qu’Apple donne 10h d’autonomie web ou vidéo pour ses iPad qui étaient des champions en la matière. Qu’un Mac portable, et pas un petit MacBook tout maigrichon, pulvérise les tablettes est inédit. Pour peu qu’on parte de chez soi avec la batterie assez bien remplie, on peut envisager sereinement sa journée si on se rend compte qu’on a oublié l’adaptateur secteur (ou qu’on ne veuille pas s’encombrer avec).

Jusque-là, lorsqu’un portable affichait des performances élevées ça pouvait être aux dépens de son autonomie. Et si l’autonomie atteignait des records alors on pouvait se demander si le processeur et la puce graphique n’étaient pas anémiques. Tout était question de compromis. Ces portables M1 parviennent à réintroduire un équilibre entre ces deux notions d’endurance et de performance. On peut avoir le beurre et l’argent du beurre.

L’autonomie est telle qu’on peut imaginer l’ajout d’une fonction cellulaire 5G à ces portables sans que cela ne leur nuise. Les capacités du M1 laissent augurer des choses prometteuses lorsqu’il s’agira de monter en puissance pour de plus gros Mac. C’est inévitable puisque l’objectif avoué est de se passer complètement d’Intel d’ici à deux ans, pour n’importe quel Mac.

Performances : en avant toute

Car si le processeur M1 de ces 13″ sait ménager la consommation, il peut aussi écraser la pédale d’accélérateur. Ce processeur contient 8 cœurs (4 rapides, 4 économes), autant pour le GPU et le double pour le Neural Engine utilisé pour des fonctions ayant recours à l’intelligence artificielle. Apple n’a donné aucune info sur la fréquence de son processeur principal mais les logiciels de mesure donnent tous 3,2 GHz.

Apple a plusieurs fois expliqué les bénéfices à intégrer la RAM au sein de cet ensemble — la « mémoire unifiée » — de manière à ce que tous ces composants puisent dans une seule et même réserve de RAM. Au lieu que chacun ait la sienne et oblige à d’incessants transferts de données entre les différentes puces afin de les traiter.

On a déjà donné les résultats réjouissants de Geekbench où le M1 fait presque deux fois mieux en monocœur et en multicœur que le Core i5 Quad à 1,4 GHz qu’il vient remplacer. Dans le test GFXBench qui utilise les API graphiques Metal d’Apple, le GPU du processeur M1 est quatre fois plus rapide que l’Intel Iris Plus Graphics 645 d’il y a quelques mois. Sur Affinity Photo, les opérations de tramage (qui aplatissent une image vectorielle) ou de vectorisation (opération inverse à partir d’une photo) sont entre deux et trois fois plus véloces.

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De très bons chiffres tombent également lorsqu’on se lance dans la compilation du moteur de rendu WebKit (grâce auquel Safari affiche les pages web) au moyen d’Xcode, le logiciel de développement d’Apple. C’est une opération lourde et longue dont le MacBook Pro s’est acquitté en un peu plus de 23 minutes contre 32 min pour son prédécesseur (Core i5 Quad 2 GHz) et 47 min pour le même à 1,4 GHz.

Le portable 13″ se paye le luxe de faire un créneau entre les MacBook Pro 16″ 2019 en Core i7 (six cœurs) et Core i9 (8 cœurs) qui ont réalisé des temps dépassant les 28 min pour l’un et les 21 min pour l’autre.

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Lors d’un export 8K dans Final Cut Pro, le M1 va évidemment plus vite que les deux derniers Core i5 1,4 et 2 GHz (presque 5 minutes de traitement pour le M1, quasi 7 et 9 min pour la puce Intel).

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Mais les Core i7 et i9 des MacBook Pro 16″ lui administrent tout de même une leçon, en achevant cette opération au bout d’une minute au mieux, de deux minutes au pire.

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Ce MacBook Pro 13″ se défend également bien lorsqu’une opération lourde s’éternise. Ce modèle, contrairement aux MacBook Air M1, est pourvu d’un ventilateur (comme le précédent 13″ Intel), ce qui lui permet de mieux résister à des montées en température et de maintenir son effort à un niveau stable.

Illustration avec le Blackmagic RAW Speed Test qui teste les vitesses du processeur et de la puce graphique pour décoder des images Blackmagic RAW en 8K.

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Le MacBook Pro 13″ M1 voit son ventilateur tourner d’abord à 1 400 t/min puis monter jusqu’à 3 100 t/min en toute discrétion sonore. La machine chauffe sans excès. Les valeurs CPU et GPU sont stables à 17 et 56 i/s en moyenne, le portable officie sans stress, imperturbable.

Sur mon 13″ de 2018 (Core i5 Quad 2,3 GHz), le CPU Intel traite en moyenne 24 i/s et le GPU 18 i/s. Sauf que pour y arriver et rester sur ces valeurs, la machine souffle fort et chauffe bien. Cette génération a deux ventilateurs qui tournent jusqu’à 6 300 t/min pour l’un et 6 800 t/min pour l’autre. Au bout de plusieurs minutes, le MacBook Pro Intel a tout simplement stoppé son effort, il s’est automatiquement mis en veille de manière abrupte ! Un comportement reproduit plusieurs fois.

Cela démontre à quel point la différence peut être importante entre deux machines de même famille, séparées de seulement deux ans et par une architecture plus efficace.

Quant au MacBook Air M1, dépourvu de ventilateur, son GPU (à 7 cœurs au lieu de 8) démarre à 53 i/s puis il décélère progressivement (graphique ci-après). Au bout de 60 minutes on en est à 49 i/s, ce qui n’est pas mauvais ceci étant.

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Avec Cinebench 23, autre bon outil de 3D, on enchaine trois fois la séquence de test multicœur de 10 minutes avec le MacBook Pro. Le ventilateur fonctionne mais à un niveau sonore assez faible. Dans un environnement quasi silencieux on le devine tout au plus. Les trois scores obtenus restent identiques sur la durée. Idem avec Valley Benchmark réglé au maximum, quatre tests enchainés pendant une dizaine de minutes produisent des résultats constants.

Pour donner deux autres cas de figure avec des logiciels grand public, dans Photos, l’export de 60 images dans leur qualité originale se fait en 5 s sur le M1 et 8 s sur mon 13″ Intel. La conversion du même lot en JPEG de qualité moyenne est effectuée en 26 s sur le M1 contre 46 s avec le Mac Intel.

Avec Pixelmator Pro 2.0 (optimisé ARM), l’étonnante fonction ML Super Resolution est exécutée en 15 secondes avec le M1 et 2 min 12 s avec le Core i5 2,3 GHz de 2018…

Et puis les améliorations se nichent parfois dans les détails, comme lorsque vous changez la résolution de votre écran. Sur un Mac Intel, la bascule d’une résolution vers l’autre est brièvement entrecoupée par un écran noir. Sur un Mac M1 c’est instantané, au point qu’au début on n’est pas certain que le système ait fait quoi que ce soit.

Ou alors cette sortie de veille qui peut être nettement plus rapide voire quasi immédiate sur un Mac M1, bien que ce ne soit pas systématique ou toujours criant dans l’écart avec le Mac Intel (il est à droite dans la vidéo).

Enfin, nous avons jeté un œil au jeu Shadow of the Tomb Raider qui tourne au travers de Rosetta. En 1 440 x 900 pixels, la séquence automatique de test donne 33 i/s sur le M1 et 11 i/s sur mon 13″ de 2018. En définition basse c’est respectivement 46 i/s sur le M1 et 15 i/s sur le Core i5. L’écart est sans appel alors que le titre fonctionne en natif sur l’ancien 13″.

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Le SSD est un autre poste où le MacBook Pro M1 améliore l’ordinaire, avec l’utilisation d’un nouveau contrôleur Apple. Sur le modèle avec le SSD de 512 Go on est plus souvent à 2,3/2,4 Go/s en écriture et ce, de manière constante. Sur le 256 Go, les 2,1 Go/s en écriture sont fréquents mais parfois redescendent entre 1,7 et 1,9 Go/s. Pour la vitesse de lecture, les deux SSD font le plus souvent du 2,6 à 2,7 Go/s. C’est en tout cas un net progrès comparé au 13″ qui est remplacé, où l’on obtenait 1,74 Go/s en écriture et 1,2 Go/s en lecture.

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L’expérience acquise dans le développement de processeurs pour iPhone puis pour iPad, et leur adaptation aux spécificités du Mac, produisent un résultat remarquable. Tout va de l’avant sur cette première génération de Mac ARM : le processeur, la puce graphique, le SSD et l’autonomie. L’extérieur n’a pas changé mais l’intérieur procure une véritable cure de jouvence à cette gamme.

Rosetta : l’AppleCare des apps Intel

La première chose à savoir à propos de cette seconde version de Rosetta, c’est qu’elle marche bien. La seconde c’est que les applications qui en ont besoin vont consommer nettement plus de mémoire.

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La première génération de Rosetta avait été mise au point pour assurer le fonctionnement des applications développées pour les processeurs PowerPC sur les premiers Mac Intel. L’expérience avait été concluante et Rosetta 2 semble partie pour assurer la même qualité de transition d’une architecture processeur à l’autre. Apple a quelque expérience en la matière, puisqu’elle avait déjà dû opérer une migration depuis les Mac à processeurs 68000 vers les PowerPC et il faut ajouter le déménagement des utilisateurs depuis Mac OS « Classic » vers Mac OS X.

La vie dans le monde Apple est un éternel recommencement mais, cette fois, les clients sont emmenés sur une architecture dont la Pomme a toute la maîtrise. On n’y mettra pas la main à couper mais on peut espérer poser ses bagages pour un temps plus long encore que les 15 années (tout de même !) qu’a duré l’aventure avec Intel.

Au premier lancement d’un logiciel strictement Intel — par opposition aux logiciels « universels » qui ont été adaptés pour fonctionner sur les deux architectures — macOS demande l’autorisation d’installer Rosetta, ce qu’il fait en quelques secondes. Le « traducteur » sachant convertir l’Intel en ARM est aussitôt opérationnel, pas besoin de redémarrer. Cette alerte apparaît une fois et jamais plus ensuite, Rosetta 2 fonctionne de façon invisible à l’œil.

Ce qui n’est pas invisible c’est la lenteur que l’on peut constater parfois et l’empreinte sur la mémoire. Pour la lenteur ce sont les lancements qui peuvent prendre une poignée de rebonds, l’exécution du logiciel qui pourra marquer une différence selon la complexité des tâches. Un logiciel d’architecture n’a pas les exigences d’un client Twitter. Dans Spotify l’interface prend quelques secondes à se dessiner, c’est moins instantané.

Une feuille de calcul Excel avec 6000 lignes s’ouvre presque aussi vite sur mon MacBook Pro 13″ 2018 (8 Go de RAM) que sur son équivalent M1 (8 Go de RAM) et on navigue aussi bien dans les deux documents. Il occupent chacun entre 230 Mo (sur le Mac Intel) et 260 Mo de RAM (sur le Mac M1). Par contre, après une opération qui a vu cette occupation dépasser le giga-octet de RAM, la version Intel est vite redescendue à environ 300 Mo alors que l’Excel utilisant Rosetta restait scotché bien plus longtemps à 900 Mo.

Chrome éclaire bien la différence entre les deux modes d’exécution puisque la même version du logiciel existe en deux versions séparées Intel et Universelle. Avec la première, au bout d’une minute, le navigateur n’a pas fini d’ouvrir les 73 onglets que j’utilise quotidiennement pour surveiller certains sites et il peine à afficher les pages chargées lorsqu’on clique sur des onglets. Avec la version optimisée ARM, il ne lui faut guère plus de 10 secondes et les onglets réagissent en un clin d’oeil. C’est le jour et la nuit.

Firefox aussi, à charge de travail égal (nos 70+ onglets ouverts) va occuper 2 à 3 fois plus de RAM avec Rosetta. Au repos, tous les onglets fermés, il continuera d’utiliser plus de 600 Mo soit deux fois plus que sur le Mac Intel.

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Le constat est le même avec quantité d’applications, plus ou moins grosses, et pas encore optimisées comme CleanMyMac X, WhatsApp, Signal, Tweetbot, Dropbox… Elles vont toujours occuper plus de mémoire sur un Mac M1, dans des proportions variables. Mais on peut les ouvrir et les utiliser dans d’assez bonnes voire de très bonnes conditions.

Cette exigence en RAM peut motiver le choix d’une configuration 16 Go plutôt que 8 Go, en particulier si vos applications les plus indispensables sont loin d’arriver en version universelle ou si vous en utilisez de particulièrement dépendantes de la quantité de RAM (mais un 16″ ne serait-il pas plus adapté ?). Sinon la nouvelle architecture d’Apple se montre efficace et les 8 Go devraient suffire au plus grand nombre (à choisir, prenez plus de SSD).

Mais si cette question du comportement de vos applications dans les configurations proposées se pose — parce qu’elles sont gourmandes ou parce que leurs éditeurs ne sont jamais les plus rapides à se plier aux évolutions dictées par Apple — il y a un moyen très simple d’évaluer la pertinence de ces Mac. Achetez-en un et rendez-le si vous n’êtes pas convaincu ! Nous pratiquons la méthode depuis dix ans pour tous les produits testés, puisqu’Apple ne nous les envoie jamais à temps voire pas du tout. Et c’est la meilleure période de l’année pour faire son évaluation tranquillement.

App iOS sur Mac : c’est possible et c’est gratuit

On ne s’attardera pas sur le cas des apps iOS qui peuvent être téléchargées depuis le Mac App Store et exécutées sur Mac. Côté pile, c’est une vaste bibliothèque qui s’ouvre aux Mac, sous réserve que l’éditeur n’empêche pas son app d’être visible sur le Mac App Store. Vous ne trouverez pas celles de Facebook ou de Netflix par exemple, pour elles et d’autres il faut employer une astuce.

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Côté face, toutes ces apps ne sont pas d’un intérêt formidable car elles fonctionnent comme si elles étaient sur un iPhone ou un iPad et n’occupent pas tout l’espace possible sur Mac. Ce sont parfois des apps timbre-poste qui s’afficheront sur un grand écran ou alors elles auront besoin de fonctions propres aux iPhone. Mais comme on l’expliquait en détail avec plusieurs exemples, pouvoir ouvrir ces apps sur Mac peut servir dans quelques cas et ça ne vous coûtera pas plus cher.

Webcam : le logiciel cache la misère

Une chose qui n’a rien coûté de plus à Apple c’est le choix du composant webcam pour ces MacBook Pro, puisqu’il s’agit du même capteur 720p que précédemment. On attendait vraiment, et peut-être naïvement, un changement sur ce point pour accompagner le mouvement vers le télétravail et ses séances de Zoom.

Apple a plutôt trouvé une autre astuce et utilisé les capacités de traitement du Neural Engine dans la puce M1 pour détecter les visages et améliorer, en temps réel, l’exposition et la couleur. Ce n’est pas idiot comme approche et la Pomme a des compétences à faire valoir au travers de son expérience en photographie sur iPhone.

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Le résultat est conforme à la promesse d’une amélioration de l’image alors que la caméra n’a pas changé. C’est mieux dans la restitution des couleurs, il y a beaucoup moins de bruit, les visages sont mieux définis tout comme ce qui vous entoure.

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C’est une progression bienvenue, qui suffira certainement dans bien des cas, mais la comparaison avec ce que peut faire un iPhone ou un iPad reste très désavantageuse pour le Mac. Ce n’est pas encore pour cette nouvelle gamme qu’on pourra dire qu’elle a enfin une bonne webcam.

Conclusion

Ces deux dernières décennies Apple a su créer des ruptures avec ses gammes de portables. Sans même remonter aux iBook colorés et aux PowerBook Titanium on pense au MacBook Air, au MacBook Pro Retina et, dans une moindre mesure, au MacBook Retina. Des machines qui avaient d’éminentes qualités mais avec des compromis à chaque fois : ça pouvait être les performances, l’autonomie, l’équipement ou tout simplement un prix élevé.

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Ce premier MacBook Pro 13″ M1 est une machine sensationnelle en l’état, alors qu’il n’y a aucun changement de design, pas de nouvelles fonctions, ni de nouvelle technologie d’écran par exemple pour améliorer l’image ou économiser encore la batterie. C’est dire si Apple a d’autres opportunités pour transformer cet essai déjà remarquable.

Si vous songiez déjà acheter l’une des deux versions Intel qui ont été remplacées par cette génération M1, il n’y a pas à hésiter. Vous aurez beaucoup plus, pour le même prix. Les limitations d’aujourd’hui sont les mêmes qu’hier : deux ports Thunderbolt seulement et moins d’options pour la RAM et le SSD.

Il y a trois exceptions toutefois. D’une part on ne peut brancher qu’un seul écran externe, mais on pourra en mettre un plus costaud. D’autre part il y a cette incertitude sur l’arrivée un jour de Windows. Enfin, les boitiers eGPU ne sont pas (encore ?) pris en charge mais la puce graphique intégrée les rend peut-être moins indispensables. Si ces éléments sont de vrais obstacles pour votre quotidien, les modèles Intel plus haut de gamme de ces 13″ sont toujours au catalogue… ou alors attendez de futurs lancements. Dans le cas contraire ces portables pourraient bien vous couper le souffle, et ça fait longtemps que ce n’était pas arrivé.

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